Rencontre, performances, études, lectures, projections
samedi 15 novembre 2025 à 11h30
Le Miroir, Centre de la Vieille Charité, Marseille
Liliane Giraudon : à la périphérie du poème
Caroline Bergvall, Robert Cantarella, Andrea Inglese, Liliane Giraudon, Cécile Marie-Castanet, Abigail Lang

© Bulle Batalla
MATIN
• 11h30 | Caroline Bergvall
Solo | TRAVAUX EN RELAIS
APRÈS-MIDI
• 15h00 | Abigail Lang
Mélanger l’encre à la salive : L’Alba du Quatuor Manicle
Au moment où s’institutionnalisait en France la lecture publique, le Quatuor Manicle aura proposé une réflexion en acte sur ce (nouveau) mode de diffusion de la poésie. Avec l’entrelacement des voix, c’est aussi un entrelacement inédit des traditions et des aspirations qu’accomplissait le Quatuor Manicle, s’attachant à faire dialoguer la tradition du livre et celle de la poésie sonore, à mélanger l’encre à la salive, donc. Cela s’entend distinctement dans leur pièce emblématique, Alba, qui revisite le genre médiéval de l’aube.
La communication sera précédée par une brève présentation du volume d’essais Liliane Giraudon, Fragments polyphoniques, (dir. Léon Pradeau, Abigail Lang, Jean-François Puff), qui vient tout juste de paraître aux Presses du réel.
• 15h30 | Andrea Inglese
Liliane Giraudon : Sker ou de la poésie comme traversée des genres
À la périphérie du poème il y a un livre de 2002, Sker, qui appartiendrait, selon l’auteure, au genre fantôme de l’homobiographie. Sker c’est un livre inclassable ou, pour être plus accueillant, « hybride ». On n’y trouve pas de vers, mais de la prose plus ou moins fragmentée, avec une typographie inquiète et quelques images photographiques granuleuses. Il est beaucoup question d’écriture, non pas au sens d’une doctrine poétique bien établie, mais comme réflexion sur le vif du geste, sur son mouvement tâtonnant, bâtard, effronté.
• 15h50 | Cécile Marie-Castanet, Liliane Giraudon, Giulia Camin, Michaël Batalla
Dans la cuisine de Liliane Giraudon, histoire d’un montage
Au cours de ce moment collectif autour de la préparation et du montage de l’exposition :
Présentation de Les tribulations de la petite G, édition limitée du fac-similé d’un carnet de textes et dessins, co-édité par les éditions Plaine Page et le Cipm. Première publication de la collection « écriredessiner », dirigée par Cécile Marie-Castanet.
Projection de Faire l’inventaire, chez Liliane Giraudon, un film de Virginie Linhart tourné en juillet 2025 pendant la préparation de l’exposition. Montage : Dina Elnoamany. Moyens techniques : Cipm. 14’27 ».
• 16h30 | Liliane Giraudon
Lecture
• 16h45 | Robert Cantarella
Performance | une intervention d’Olivier Neveux copiée à haute voix | (+/-10′).
Olivier Neveux, ne pouvant se joindre à nous, a écrit un texte sur la question du théâtral dans l’écriture de Liliane Giraudon. Je ferai ce que j’appelle « Le Gilles » en copiant vocalement son texte qu’il aura enregistré au préalable. Depuis un peu plus de vingt ans je procède ainsi avec les séminaires de Gilles Deleuze, en copiant je suis un transmetteur et un haut parleur vivant.
• 17h00 | Robert Cantarella, Anne Soret
Projection | Lili devant l’ordi | 20’22 »
Je connais l’œuvre de Liliane Giraudon en découvrant une revue à Marseille Banana split. Un paquet de feuilles photocopiées ouvrant des champs d’inspiration pour nous, étudiants en mal de zones libres à investir.
Elle écrit officiellement de la poésie, elle se nomme poétesse, et poétasse. Elle est un mouvement à elle seule. La revue était un arbre qui cachait une forêt de livres, de revues, de fanzines, de dessins, de cartes postales, de griffonnages à flux continu.
Je l’écoute parler de son trafic biographique, depuis les bonnes sœurs de l’enfance lui apprenant la rigueur de l’écriture et le désir de la transgression, en passant par les commencements de la poésie jusqu’à sa fréquentation assidue des écrivaines d’aujourd’hui, qui la reconnaissent comme la fondatrice des mouvements qu’elles défendent.
Elle repère ses zones d’attraction et rêvasse, puis compose. Comment réaliser des images et des sons avec elle en suivant et enregistrant ses dérives, ses inventions. Il n’existe pas de film avec elle.
Je consigne des prises de vues à venir en ne cherchant pas à les rendre raisonnables ou logiques. Construire une cohérence a priori alors que son écriture explore le dégenrement, l’incohérent du monde sensible, l’étoilement des points de vue serait une bévue. Elle explore les vertus du devenir impersonnel, de la liquidation de l’identité pour mieux voir le large du monde.
L’idée d’une série prend forme au fur et à mesure que je côtoie ses univers. Impossible de tout rassembler sans trouver un rituel avec elle. Un jour elle me parle de ses matins, de ses ritournelles matinales, une ascèse pour sa création. Je pense à un bréviaire, puis à Saint Simon qu’elle lit avec gourmandise.
Sept épisodes de 25 minutes. En une semaine se suivent les activités, les rencontres, les émotions, les affres de sa création, le tissu de sa vie : se lever / lire / parler / écrire / prendre un bus pour les Goudes / tailler des crayons / découper des cartons / se coucher / s’engueuler / regarder des photos / montrer des fétiches / couper / acheter les bonnes viandes pour la daube / la mouche qu’il faut chasser ou pas.